Dans la banlieue de Lomé au Togo vit la famille Akwafa. C’est une famille de 5 enfants avec l’un des enfants s’appelant Henriette. Son père est inspecteur de police et sa mère est secrétaire.
Un jour, elle va vivre une expérience tragique. Le matin, son frère aîné, Charles, avait mal au genou et le soir il est mort.
20 ans plus tard, sa sœur Gisèle, qui par ailleurs avait aussi 20 ans cette année, meurt de façon mystérieuse. Le matin, elle avait mal à la tête et le soir, elle est décédée.
Henriette est celle qui suit directement Charles et Gisèle, et dans sa tête, elle va croire que la prochaine dans la liste sera elle.
Dans un souci de la protéger, ces parents vont l’envoyer en France. Elle a alors 14 ans. Une Française a promis qu’elle va s’occuper d’elle pour lui donner une bonne éducation.
Elle arrive en France le 26 janvier 1994, avec un étrange sentiment qu’elle a fait un mauvais choix.
Celle qui va s’occuper d’elle, Rosine, va faire d’elle la bonne de la maison. Rosine a trois enfants, la dernière a quelques mois, et c’est à Henriette de faire la nounou, de préparer. Tandis que les autres enfants vont à l’école, Henriette doit rester à la maison pour nettoyer.
Une fois, elle a pu joindre ses parents, mais ceux-ci n’ont pas cru à son histoire. Ils lui ont plutôt remonté les bretelles en disant qu’elle ne devait pas gâter la chance qu’elle avait et que les autres enfants restés au pays n’avaient pas l’opportunité de voyager pour fréquenter en France. Son père lui a dit qu’il connaissait Rosine, que c’est une très bonne dame et qu’elle, Henriette, doit bien se comporter.
Voilà, Henriette se retrouve seule au monde. Elle a juste son chapelet pour pleurer sur les épaules de la Vierge Marie.
C’est une vraie torture qu’elle vit chez Rosine. Elle doit faire la lessive, repasser les habits, aller chercher l’enfant à la crèche, apprêter le petit déjeuner le matin. Son travail, c’est 24h sur 24 non-stop. Elle a pensé à se jeter du haut de la fenêtre de l’immeuble, mais à chaque fois c’est un des enfants qui l’appelait pour une aide.
Une voisine va s’apercevoir qu’elle est maltraitée.
Personne ne pouvait croire à son histoire, sauf si on voyait son passeport, car celui-ci montre la date d’arrivée en France.
Alors, la voisine va faire venir la police. Au départ, les tuteurs d’Henriette refusent de coopérer mais la police insiste pour voir le passeport. C’est ainsi qu’on découvre qu’elle est entrée en France depuis qu’elle est mineure et on vas la prendre pour la garder en lieu sûr.
Elle a pu faire une formation d’aide-soignante. Elle en voulut grandement à ses parents, notamment à son père, de l’avoir abandonné littéralement. Elle se disait qu’elle n’avait plus besoin d’eux et que de toute façon, sa vie était bien meilleure sans eux.
Un jour à la messe, l’Évangile disait en Mt 5: 24: “Laisse-là ton offrande devant l’autel, et va te réconcilier premièrement avec ton frère, puis viens, et offre ton offrande.” Cette phrase va la profondément marquer et c’est ainsi qu’elle va prendre un billet d’avion pour Lomé.
À Lomé, elle a fait deux semaines et dès qu’elle voulait aborder ce sujet, son père lui disait que c’était du passé. Dans ces prières, elle disait à Jésus: “tu vois, il s’en fout de moi.” La veille de son départ, le dimanche, son père est venu frapper à sa porte, fondant en larmes. Il était venu se réconcilier avec sa fille.
C’était la première fois qu’elle voyait son père en larmes. Elle a toujours su qu’il était un homme fort, autoritaire, car son métier de policier l’en exigeait, et jamais qu’il pouvait être fragile.
Son père lui a raconté comment Rosine, la tutrice en France, lui avait promis des bonnes choses pour son enfant, mais lui avait en fait menti.
Le père et la fille étaient de nouveau complices. Henriette est rentrée de son voyage libérée.
À travers cette histoire, je voudrais te donner le premier bienfait du pardon : il crée l’unité.
1.1 Beaucoup de familles sont divisées aujourd’hui parce qu’il n’y pas de pardon: le pardon entre enfants, le pardon entre les parents et leurs enfants.
On crée des clans dans la famille. On accuse les uns d’être des sorciers. Même si, c’est le cas, Jésus nous enseigne: “Aimez vos ennemis, priez pour ceux qui vous persécutent.” (Matthieu 5,44), et à Pierre qui lui demande combien de fois il faut pardonner, il répond : “Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois.” (Matthieu 18,21-22).
Les enfants, apprenez à demander pardon aux parents. : “Papa, je m’excuse”
Les parents, apprenez à demander pardon à vos enfants. Une petite phrase : “Mon enfant, je m’excuse.” C’est lorsque je suis capable de demander pardon à mon enfant, que celui-ci apprend de moi et peut aussi faire de même. Luc 9:48 : “Le plus grand, c’est le plus petit.”
1.2 Toujours dans la dimension familiale, il y a aussi le pardon dans le couple. Quand c’est pour lancer les paroles négatives, c’est facile, mais dire pardon, la bouche pèse. Moi-même, je suis le premier. Lorsqu’il faut demander pardon à Carine, c’est là que je me braque : “Non, c’est elle qui a d’abord commencé.”, “Elle va croire que je suis faible.”, “Ça va l’encourager à continuer.”
Plus je cède à ces pensées, plus je me renferme sur moi-même, je commence à parler seul. Le petit problème qui a commencé comme une graine est nourri par mon orgueil et se transforme en plante. Ce n’est plus ce petit problème, je le mélange avec d’autres maintenant et ça explose. Dans la nuit, je ne dors pas. Elle dans son côté et moi je suis dans le mien. Elle ronfle en dormant, moi je nourris ma rancœur toute la nuit.
Ça c’est mon histoire avec Carine, mais c’est la même chose en amitié.
1.3 Jésus nous montre la solution. Il est le modèle de pardon : “la promptitude dans le pardon”
“Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font.” Lc 23:34. Jésus pardon, pendant qu’il est encore dans la souffrance. C’est sur la croix au milieu de la douleur qu’il pardon.
En amitié, dans le couple, nous devons faire pareil. Il ne faut pas se coucher avec les problèmes de la journée. Évacuons cela rapidement.
Il faut être prompt à demander pardon et prompt aussi à pardonner.
Dans le Notre Père, le Seigneur nous dit : “Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.” C’est la seule partie dans la prière où Dieu nous demande de faire quelque chose. Dieu n’a
Dieu n’a pas dit “Donne nous aujourd’hui, notre pain de ce jour, comme nous donnons aussi à ceux qui sont dans le besoin.” Si tu veux, tu sois chiche, c’est une autre affaire, mais ne pas pardonner, c’est très grave.
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1.4 – Le pardon est un processus.
Dans notre quartier, il y a environ 02 semaines vers 05h du matin, ce sont les pleurs qui nous réveillent. Un couple vient de perdre trois de leurs enfants. Le couple a cinq enfants, trois sont passés dans la nuit.
Comment est-ce possible?
En effet, la deuxième en voulait à sa sœur aînée, parce que celle-ci a récupéré son copain. Alors, elle décide d’empoisonner la nourriture qu’elle va donner à sa sœur.
Le soir, sa sœur n’a pas voulu manger et ce sont les trois derniers qui ont pris le repas. Et ce sont eux qui sont passés.
Voyez vous-même ce que le refus de pardonner a occasionné. Elle s’est transformée en haine.
Jusqu’à aujourd’hui, la maman ne parle pas à sa fille qui a occasionné cela.
Durant son témoignage au deuil, la maman a demandé aux prêtres: « 𝑪𝒐𝒎𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒑𝒖𝒊𝒔-𝒋𝒆 𝒑𝒂𝒓𝒅𝒐𝒏𝒏𝒆𝒓 𝒂̀ ma fille ? 𝑬𝒕 𝒐𝒖̀ 𝒆́𝒕𝒂𝒊𝒕 𝑫𝒊𝒆𝒖 𝒒𝒖𝒂𝒏𝒅 ellle a fais cela ? Comment pardonner quand c’est trop dur ?»
Il y a des blessures qui semblent impossibles à pardonner. Quand la douleur est encore vive, que la trahison est profonde, le pardon semble inaccessible. Pourtant, il ne s’agit pas d’un oubli ni d’une acceptation de l’injustice. Pardonner ne veut pas dire dire que l’offense est acceptable, mais que nous choisissons de ne plus en être prisonnier.
Le prêtre a expliqué que le Pardon est un chemin intérieur. Un chemin de guérison. Un chemin qui avance parfois très lentement, dans la prière, avec la grâce de Dieu.
Ensuite il nous a donné une FAQ sur le pardon
Le pardon signifie-t-il oublier ? Non. Pardonner ne veut pas dire effacer la mémoire, mais choisir de ne plus nourrir de haine.
Comment savoir si j’ai vraiment pardonné ? Quand votre cœur n’est plus envahi par la colère ou le désir de vengeance, même si la douleur peut subsister.
Que faire si je n’arrive pas à pardonner ? Demandez à Dieu de vous donner cette grâce. Il comprend votre blessure. Avec le temps et la prière, tout est possible.
Regarde l’exemple du Christ quand tu pardonnes: pardonne par amour pour Jésus. L’homme qui n’aime pas Jésus vit dans la rancœur.
Le prêtre nous a invités à faire cette prière : « Jésus, apprends-moi à pardonner.” Ou alors, à l’exemple de la Vierge Marie, dit : “Jésus, je n’arrive pas à pardonner.”
2) Le pardon nous rend notre dignité.
Le pardon venant de Dieu, obtenu à travers la confession, te rend ta dignité.
Dans la parabole de l’enfant prodigue Lc 15: 11 – 32 on nous dit que l’enfant avait commis un péché grave. Il a tué son père, cars on ne réclame l’héritage que lorsque le parent ne vit plus. Avec l’argent, il est parti jouer la vie. L’argent étant fini, il se retrouve SEUL. Je me suis posé la question : “Où sont passés les gens avec qui il jouait la vie ?”
Le texte poursuit en disant “Il aurait bien voulu se remplir le ventre avec les gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui donnait rien.” La séparation avec Dieu nous rends malheureux.
Dans sa souffrance, Il a eu une lumière, il est entré en lui-même et s’est rappelé le tort qu’il avait commis à son père. Il a fait son introspection, son examen de conscience.
La première leçon qu’on peut tirer de ce texte est de faire notre introspection quand les choses ne vont pas bien dans notre vie. Lorsque j’ai commi un tort, je dois être en mesure d’entrer en moi-même et de me dire : “Ce que j’ai posé comme acte ici n’est pas bien.”
Le fils croit en la miséricorde de son père. Il a commis un crime mais ne désespère pas. Mon ami, face à la gravité de ta faute, Dieu veut te donner une autre chance. Ton péché est certes grand, mais l’amour de Dieu pour toi est encore plus grand.
Il y a des gens qui ne se pardonnent pas. Chaque jour, il culpabilise. “Si j’avais fait autrement, si je savais… SI si et si”. Ils vivent dans la dépression et la tristesse. C’est le diable qui veut nous faire croire que notre péché est impardonnable.
Ce n’est pas par tes propres forces que tu sortiras du trou, mais avec l’aide de
Jésus. “Sans moi, vous ne pouvez rien faire” (Jn 15:5) Fais toi du bien, demande l’aide à Jésus pour te pardonner à toi-même.
Luc 15:20 “Comme il était encore loin, son père l’aperçut et fut saisi de compassion ; il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers.” C’est dire que chaque jour son père sortait pour le chercher mais ne le voyait pas.
Lorsque tu es sur le chemin de la confession, Dieu t’a déjà pardonné. Le pape François nous dit que “Dieu ne se fatigue pas de nous pardonner, c’est nous qui nous fatiguons de demander pardon”.
Jésus dira à Sœur Josefa Menendez: “Ce ne sont pas les péchés qui me blessent le plus, mais le fait de ne pas revenir à moi après les avoir commis.”
Troisième et dernière leçon : “Vite, apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds, allez chercher le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons.” Lc 15:22-23
Quand tu te confesses, Dieu te restaure dans ta dignité. Fais-toi du bien en passant par la case confession à cette retraite.
En conclusion, je voudrais te rappeler 4 choses :
(i) Le pardon crée l’unité, (ii) le pardon rend notre dignité (iii) Il faut savoir se pardonner en famille, dans le couple, en amitié. (iv) Enfin, il faut savoir faire son introspection et demander pardon à Dieu.